mercredi 15 juillet 2026

La vie en Ukraine sous les bombes

 

Quand je vois des politicards de m... qui nous disent que nous n'avons rien à faire avec l'Ukraine, ça me donne envie de vomir...

Que faire pour couvrir les attaques russes à Kyiv

Elsa

Responsable du développement d'audience

Cour Elsa

Chers lecteurs de Kyiv Independent,

C'est Elsa ici, responsable du développement de l'audience au Kyiv Independent. La semaine dernière, je vous ai envoyé un e-mail pour vous parler de la façon dont nous couvrons les attaques russes sur le moment. Je l'envoie à nouveau au cas où tu l'aurais manqué la semaine dernière.

Veuillez le lire. Les attaques russes deviennent de plus en plus fréquentes, et pourtant nos journalistes continuent de vous apporter les informations directement depuis Kyiv, qui viennent travailler après une nuit difficile d'explosions et très peu de sommeil. C'est grâce à leur travail que le monde reste informé de ce qui se passe ici en Ukraine.

Screenshots from the Kyiv Independent team chat on Slack

Captures d'écran de notre chat d'équipe sur Slack en juillet 2026.

Derrière chaque titre sur les attaques massives de la Russie contre Kyiv se cache une série de messages comme celui-ci sur Slack, l'application de messagerie de notre équipe. À une extrémité, nos journalistes à Kyiv, éveillés au milieu de la nuit chez eux ou dans un refuge. De l'autre, un membre de notre équipe Amérique du Nord, comme Abbey Fenbert, rédige la couverture de l'attaque et met à jour continuellement l'article sur notre site web.

Ces nuits sont devenues plus fréquentes. Mais derrière chaque article d'attaque se cache une équipe de journalistes, vidéastes et monteurs qui travaillent à mettre en lumière ces histoires avec très peu de sommeil.

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Je ne vais pas l'adoucir. Les attaques de missiles russes font peur. Je décrirais les explosions comme si quelqu'un claquait une porte métallique très lourde juste au-dessus de ta tête. À chaque missile, vous sentez vos murs, fenêtres, meubles, sol — ce que vous qualifieriez habituellement de solide — trembler et trembler.

L'abri le plus proche est un parking souterrain, plutôt qu'une station de métro profonde, donc je peux même sentir les vibrations dans les fondations en béton. Dans ce type d'abris, on entend les alarmes de voiture se déclencher dehors, les chiens qui aboient et les bébés qui pleurent. Parfois, il y a un moment de calme de quelques minutes ou une heure, puis les grondements tonitruants recommencent. Elles s'arrêtent généralement vers l'aube, quand on sort au son des oiseaux, à la douce lumière du matin et à la fumée qui s'élève des bâtiments en flammes.

Pour nous, au Kyiv Independent, ces attaques signifient que nous avons une journée de travail difficile à accomplir. C'est à nous de faire en sorte que notre public sache ce qui se passe à Kyiv dès le début d'une attaque. À la lumière du matin, nous avons trouvé l'emplacement des sites d'impact et nos journalistes — qui ne dorment presque pas — se dirigent vers la zone dès que le signal sonore est clair.

Certains membres de l'équipe à Kyiv travaillent déjà pendant que l'attaque se poursuit. « Nous faisons généralement un post sur les réseaux sociaux lorsque l'attaque commence », explique Liza Nechyporuk, responsable des réseaux sociaux.

« Ensuite, on commence à trier les photos et vidéos partagées en ligne, dont certaines de nos collègues, pour pouvoir faire un autre post d'ici la fin de l'attaque. Je fais défiler les réseaux sociaux de toute façon pendant une attaque, puisqu'il n'y a pas grand-chose d'autre à faire. »

Qu'est-ce que ça fait de regarder des images de sa propre ville attaquée pendant que vous travaillez ? « Je sais juste que ça doit être fait », soupire Liza. « Une fois que nous avons des images d'un de nos journalistes sur le site d'une attaque, nous les montons et les partageons aussi. J'essaie de dormir quelques heures entre les deux. »

En général, un journaliste et un vidéaste choisissent un site d'attaque à signaler, après avoir réduit la liste parfois déprimante.

En général, cela signifie se rendre à l'endroit le plus touché, explique la journaliste Tania Myronyshena . « À notre arrivée, nous regardons d'abord ce qui s'est passé, puis trouvons des personnes prêtes à partager leur expérience. »

« Je n'approche pas les personnes en grande détresse », explique Tania. « Je commence généralement par demander s'ils habitaient dans l'immeuble. D'après leur réponse et leur façon de parler, j'essaie de comprendre s'ils sont prêts à parler. »

« Parfois, les gens veulent vraiment raconter au monde ce qui leur est arrivé, ça les aide à libérer ce qu'ils ont en eux, ils veulent que le monde les entende. Si quelqu'un est clairement sous le choc, je lui exprime simplement ma sympathie et je pars. Je ne pousse jamais. »

Tania affirme que son objectif n'est pas d'obtenir une exclusivité, mais « de documenter les crimes de la Russie sans causer plus de tort à des personnes déjà souffrantes. »

C'est un travail épuisant — tant physiquement que mentalement. « Je plains tellement ces gens, lorsque j'interroge des personnes blessées ou dont la famille a été tuée », déclare la journaliste Yuliia Taradiuk, qui a visité 10 sites d'attaque au cours de l'année écoulée. « C'est difficile de dresser une barrière quand on parle à des gens qui ont tout perdu. »

Un autre journaliste, Jimmy Rushton, dit qu'il essaie de compartimenter. « Sinon, je n'aurais pas pu le faire. Mais ce n'est pas pareil quand votre propre quartier est touché », dit-il, en faisant référence à la frappe de mai sur le quartier historique de Podil. « C'est complètement différent quand c'est une rue que tu parcours tous les jours, les commerces où tu vas, et tes amis qui ont été blessés ou ont perdu leur maison. »

Pendant ce temps, d'autres journalistes sont de retour au bureau, scrutant les chaînes officielles à la recherche de nouvelles sur le bilan des morts, les dégâts aux entreprises et aux infrastructures, ainsi que des chiffres comme le taux d'interception de la défense aérienne en Ukraine. Lors de l'attaque de dimanche dernier, aucun missile balistique russe n'a été abattu en raison d'une pénurie d'intercepteurs.

Je suis toujours frappé par le fait que des gens arrivent à venir travailler après l'une de ces nuits. Mais d'un autre côté, c'est justement pour cela que nous sommes ici.

Notre couverture des attaques est souvent parmi les plus citées par les médias hors d'Ukraine. Alors que les grands médias internationaux réduisent leur couverture de l'Ukraine, ce sont nos reportages qu'ils consultent pour obtenir les dernières nouvelles sur la guerre. Savoir cela ne fait qu'approfondir notre responsabilité de faire des rapports depuis le terrain.

Nous travaillons dur pour que ces attaques contre Kyiv ne soient pas négligées. Nous pouvons continuer à travailler dans ces conditions grâce aux 34 000 membres venus du monde entier qui nous soutiennent. C'est grâce à eux que nous pouvons continuer.

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Elsa

Avec amour de Kyiv, et en espérant une nuit tranquille,

Elsa

The Kyiv Independent

jeudi 9 juillet 2026

Comment rendre la terre inhospitalière en peu de temps grâce à Marine

 

L’écologie selon Marine Le Pen ? Tout pour les fossiles et l’agriculture productiviste


Elle veut climatiser le pays et démonter les éoliennes, soutient les énergies fossiles, est muette sur les ravages de l’agriculture productiviste... Anti écologiste, Marine Le Pen défend la fuite en avant vers un monde inhabitable.

Jugée coupable, elle reste malgré tout présidentiable. Finalement, Marine Le Pen sera bien la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027, et ce pour la quatrième fois d’affilée.

Malgré sa condamnation en appel, mardi 7 juillet, pour  « détournement et complicité de détournement de fonds publics » à hauteur de 2,8 millions d’euros dans l’affaire des assistants parlementaires européens, la cheffe du parti d’extrême droite a annoncé sa candidature quelques heures après sur le plateau de TF1.

Condamnée à trois ans de prison dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, une amende de 100 000 euros et quinze mois d’inéligibilité effective — une peine qu’elle a déjà effectuée — la députée du Pas-de-Calais peut donc se présenter en 2027. Exit l’option Jordan Bardella, qui en cas de victoire, serait nommé Premier ministre. On ignore toutefois quelle forme prendra la campagne et si la candidate portera bien un bracelet électronique. C’est pour tenter d’y échapper qu’elle s’est pourvue en cassation.

Une chose, en revanche, est certaine : l’écologie ne sera pas au cœur de sa campagne. Si ses propos sur le sujet ont un peu évolué depuis sa prise du parti en 2011, c’est seulement pour gagner en crédibilité et parfaire son image. Bien qu’elle ne remette plus explicitement en cause le consensus scientifique sur l’origine humaine du changement climatique comme elle le faisait encore en 2012 dans Terra Eco, sa vision de l’écologie reste inchangée.

Une « écologie nationale » fondée sur le localisme — qu’elle présente comme un moyen de relocaliser la production, de consommer local et de protéger les frontières — qui sert uniquement à promouvoir un projet nationaliste. Vide de véritable contenu, cette vision n’est jamais accompagnée de propositions précises, chiffrées ni structurantes. Un seul mot d’ordre : s’opposer à « l’écologie punitive »« Son objectif est la défense de l’identité nationale. Elle développe une manière de percevoir la question environnementale à travers ce schéma logique », observait Bruno Villalba, auteur de L’écologie politique en France (éd. La Découverte), en 2022.

Tout pour la clim

Dernier exemple en date avec le fameux « plan clim », la solution magique de Marine Le Pen pour supporter les fortes chaleurs. Évoqué pour la première fois en juin 2025 sur X, il a été remis en avant au moment de la canicule historique du mois de juin.

Sauf que ce « grand plan d’équipement pour la climatisation », censé aider écoles, Ehpad et hôpitaux à faire face aux températures caniculaires, est très flou, jamais détaillé ni chiffré. Aucun député RN interrogé sur le sujet n’a été capable de donner plus de précisions. L’objectif était simplement de dénoncer l’impréparation du gouvernement face aux canicules.

La position peut surprendre alors qu’en 2022 lors du débat du second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclarait vouloir ralentir la transition écologique : « Il faut qu’elle soit dans le temps, beaucoup moins rapide que ce que l’on impose aux Français. »

Rebelote il y a seulement trois ans, quand elle estimait dans Le Journal du dimanche que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) avait « toujours été très alarmiste ». En 2012, elle qualifiait même ses membres « de prêtres et d’évêques du changement climatique ».

La climatisation est donc la seule proposition du Rassemblement national en matière d’adaptation des bâtiments au chaos climatique. Marine Le Pen est ainsi opposée au Fonds vert, l’un des principaux dispositifs destinés à adapter le pays avec par exemple la rénovation énergétique des écoles. « Le Fonds vert exclut expressément la climatisation, donc ça me pose un problème. Je pense qu’il y a des structures plus efficaces et plus pertinentes à mettre en œuvre », disait-elle sur France Culture, mercredi 24 juin.

« Démonter les éoliennes »

Et du côté de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, la seule solution pour Marine Le Pen, c’est toujours plus de nucléaire. Lors de la campagne présidentielle de 2022, la candidate avait promis une vingtaine de nouveaux réacteurs nucléaires, dont dix dès 2031. Un scénario jugé irréaliste même par les plus ardents défenseurs de l’atome.

Sur les énergies renouvelables, toujours en 2022, elle assurait vouloir la suspension de la construction d’éoliennes et le lancement « d’un grand chantier pour les démonter » — elle estime qu’elles défigurent les paysages français. Tous les experts, notamment le Réseau de transport d’électricité (RTE), s’accordent pourtant à dire que le pays ne pourra pas atteindre la neutralité carbone sans les énergies renouvelables. Elle soutient également un moratoire sur le solaire.

Marine Le Pen et ses troupes entendent surtout maintenir notre addiction aux énergies fossiles. En 2022, elle proposait déjà de revenir sur l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en mer. Depuis de nombreuses années, elle promet aussi d’abaisser la TVA sur le gaz, le fioul et le carburant afin de protéger le pouvoir d’achat des Français. « Cette énergie, c’est un bien de première nécessité, donc l’État doit faire un effort pour ne pas la taxer », répétait-elle sur France Culture fin juin.

« Nous refusons la propagande des gauches »

Pour ce qui concerne le soutien à l’agriculture intensive dopée aux pesticides, Marine Le Pen n’est pas en reste. La loi Duplomb, qui prévoit notamment la réintroduction d’un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes, a été adoptée par le Parlement le 8 juillet grâce à son vote et ceux de ses députés.

Elle a tout de même fini par soutenir la pétition historique (deux millions de signatures) qui visait à exiger un débat au Parlement... car elle refusait que la propagande des gauches puisse laisser imaginer à nos compatriotes que cette loi menace leur santé et notre environnement », comme elle l’écrivait sur X deux semaines plus tard.

Ces derniers mois, Marine Le Pen a loupé toutes les occasions de protéger la santé et l’environnement des Français. À l’Assemblée nationale, elle a récemment voté pour la loi d’urgence agricole, vivement critiquée pour ses effets dévastateurs sur la biodiversité.

Elle aime les animaux mais est muette sur l’élevage industriel

En revanche, la cheffe de parti était absente lors des votes sur la loi interdisant les PFAS (des polluants éternels dangereux pour la santé), celle visant à réduire progressivement la teneur en cadmium dans les aliments, ou encore celle destinée à financer la recherche sur les cancers pédiatriques. Et à chaque fois, les députés de son parti ont voté contre.

Même logique concernant les animaux. Celle qui ne cache pas son affection pour les chats se dit très sensible à la cause animale. Si elle souhaite accorder une « reconnaissance constitutionnelle au statut juridique des animaux » et renforcer les peines liées aux infractions commises contre ces derniers, elle reste muette sur la régulation de la chasse, l’élevage industriel et la pêche intensive.

En revanche, la députée fait de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement (pratique rituelle liée aux cultes musulmans et juifs) l’une de ses priorités. La preuve encore que chez Marine Le Pen, l’écologie ne vise pas à protéger le vivant, mais sert avant tout à défendre un projet nationaliste et identitaire.

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets.
Entre la présence d’un climatodénialiste à la tête de la première puissance mondiale, un gouvernement français qui flirte avec l’extrême droite, des canicules qui s’enchainent dès le mois de mai… Faire vivre l’écologie dans le débat public est un enjeu crucial.

Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap.
Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis.
Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits.

Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire, ni milliardaire : le média est à but non lucratif. Nous sommes financés à 95% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

Concrètement, ça veut dire que :

·         Personne ne modifie ce que nous publions.

·         Nous ne cherchons pas à capter votre attention mais à traiter les sujets qui méritent votre attention.

·   Nous pouvons laisser tous nos articles en accès libre pour toutes et tous, sans conditions de ressources.

 

L’écologie selon Marine Le Pen ? Tout pour les fossiles et l’agriculture productiviste

 

vendredi 19 juin 2026

Oubli

Trump a coupé les crédits destinés à la recherche sur la maladie d’alzheimer. Sans doute espère t’il que le nombre de malades augmente et surtout qu’il n’y ait pas de traitement. Plus il y aura de citoyens sans mémoire moins on se souviendra de ses conneries. Il croit qu’en cassant le thermomètre on fait baisser la température

Il faut bien se rappeler qu’il a nommé un fou furieux au ministère de la santé qui croit qu’on peut guérir du sida par la prière et que les vaccins pour prévenir des maladies infantiles sont dangereux. Un type qui se tape le cul par terre pour traiter le ver solitaire et qui bouffe de la choucroute au petit déjeuner serait mieux dans une unité psychiatrique que dans le cabinet de secrétaire d’état 

jeudi 18 juin 2026

Un con ça ose tout !

 Je pense à un martien qui aurait débarqué sur terre en février 2026. La guerre en Iran venait de débuter ; Israël  et les USA bombardaient à tout va 

Le martien voulait en savoir plus, il se renseigne et apprend que l’Iran est une infâme dictature religieuse qui fomente des attentats dans le monde entier, qui massacre sa propre population au moindre signal de révolte et qui en plus se prépare à avoir l’arme nucléaire. 

Donc il fallait quelqu’un d’un peu con pour déclencher cette guerre. Et voilà qu’après 2 ou 3 semaines les coalisés qui ont éliminé les chef religieux et militaires , écrabouillé bon nombre d’installations militaires, arrêtent les combats et déclarent un cessé le feu ???

En représailles les iraniens bloquent un détroit stratégique et bombardent les pays voisins et on en reste là. Rien ne bouge si ce n’est l’économie mondiale qui comment à être tendue. . 

Et après quelques semaines de valse hésitation, de menaces suivies de vagues promesse le principal responsable de ce foutoir décide de faire la paix. 🤪

Il abandonne tous les buts de guerre, retire ses troupes et verse un énorme paquet de 💵 aux ennemis de hier 🤣

Réflexion du martien « ils sont fous ces terriens » j’me barre vite fait 🙊🙉🙈👹

dimanche 7 juin 2026

Polémique

 Tasty Crousty : entre clash culinaire et construction identitaire


Vu comme ça, c'est pas très appétissant

Autour de la chaîne qui a popularisé les barquettes de poulet frit et de riz, les débats font rage. Accusés de «mépris de classe», ses détracteurs cristallisent un débat plus profond sur les goûts alimentaires et les représentations sociales de la jeunesse issue de l’immigration.

Par Balla Fofana 

Publié le 06/05/2026 sur le site de Libération

La scène aurait pu rester anecdotique : une dégustation filmée, des grimaces, quelques formules outrancières. «C’est dégueulasse», «j’ai envie de vomir», «oh la la quelle horreur», «donne-moi le sac [pour vomir], «qui a inventé cette merde ?» Pendant que les médias parlent de la polémique politique autour de Master Poulet, sur les réseaux sociaux, les débats se cristallisent autour du fast-food Tasty Crousty, qui affole les fans et les critiques en vendant des barquettes de poulet frit et de riz à 9 euros. L’enseigne en écoule plus d’un million par mois et a ouvert plus de 60 restaurants en moins de deux ans en France. L’entreprise s’exporte déjà au Maroc, en Angleterre, en Suisse, en Algérie et en Belgique, avec des projets aux Etats-Unis et à Dubaï. Une croissance fulgurante auprès de la jeunesse qui suscite la curiosité, de l’attraction mais aussi de la répulsion.

Pourtant, la vidéo de l’influenceur «Yann vous cuisine» critiquant Tasty Crousty a rapidement dépassé le simple cadre culinaire. Il en va de même pour celle du critique gastronomique François Simon, qui, à l’inverse, en propose une lecture plus favorable, mais suscite-t-elle aussi de vives réactions de la part d’internautes se disant déçus, voire trahis par son appréciation. Accusés de «mépris de classe», les détracteurs de ce plat cristallisent un débat plus profond autour des goûts alimentaires, des représentations sociales et des hiérarchies culturelles.

« C’est presque une corne d’abondance »

Pour le sociologue Marc Jahjah, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à Nantes-Université – dont les travaux portent sur les cultures numériques et les médias –, l’erreur est précisément de réduire l’objet à sa seule dimension alimentaire. «Quand on mange quelque chose, on ne mange pas uniquement des aliments», explique-t-il. Très présent lui-même sur les réseaux sociaux – environ 182 000 abonnés sur Instagram et 36 000 sur TikTok –, il poursuit : «On mange une esthétique, une mode, des valeurs, des liens de sociabilité.» Autrement dit, Tasty Crousty fonctionne comme un symbole.

Au cœur de ce symbole, une promesse : la quantité. Pour moins de 10 euros, la barquette déborde. «C’est presque une corne d’abondance», illustre le chercheur. Mais cette générosité ne relève pas seulement du marketing. Elle s’ancre dans des logiques sociales plus profondes. «Il y a la promesse de ne pas manquer», insiste le sociologue, évoquant des publics en lien avec l’immigration postcoloniale africaine pour lesquels le rapport à la nourriture reste marqué par des héritages de rareté. Manger beaucoup, et pour peu, devient alors une valeur en soi : une forme d’efficacité économique et symbolique. Il s’agit d’«en avoir pour son argent» ce qui est aussi un marqueur de classe sociale.

Reconnaissance collective

Cette dimension nourrit un attachement identitaire fort. Le plat est pensé pour être partagé, consommé entre pairs, souvent dans des contextes de sociabilité adolescente et masculine. «C’est ce que tu vas t’enfiler entre potes», note Marc Jahjah. La combinaison viande-féculents, sans fioritures, renvoie à une culture du corps liée au sport et à la performance et à une certaine virilité alimentaire. Mais au-delà du genre, c’est bien une logique collective qui domine : on mange, on rit, on déborde ensemble.

Les scènes de files d’attente  participent pleinement de cette construction symbolique. Sur le terrain comme sur les réseaux, elles mettent en visibilité des adolescents issus des quartiers populaires, souvent noirs et arabes. Cette présence contribue à ancrer le Tasty Crousty dans un imaginaire social précis, à la croisée de la jeunesse urbaine, des cultures populaires et des trajectoires migratoires. Ces publics ne se contentent pas de consommer : ils participent à une forme de reconnaissance collective, où l’espace numérique devient aussi un espace d’existence sociale.

A cette dynamique s’ajoute une stratégie de diffusion très contemporaine : la ludification de l’expansion. Sur TikTok, la marque demande régulièrement aux internautes où elle doit ouvrir ses prochains restaurants. Ce dispositif transforme la croissance commerciale en jeu collectif. Marc Jahjah y voit une logique proche d’une conquête territoriale «façon Monopoly», où chaque ouverture devient une case gagnée. Ce mécanisme produit un fort sentiment de participation et de reconnaissance : la jeunesse influence la géographie même de l’enseigne. En retour, il génère une loyauté affective fondée sur l’interaction et la co-construction.

Déplacement des normes

C’est aussi ce qui rend la critique particulièrement sensible. «Quand on touche à ce plat, on ne touche pas qu’à un plat», résume Marc Jahjah. Il parle de «métonymie» : la barquette concentre des enjeux de classe, d’origine et de génération. La réponse de Tasty Crousty à la polémique l’illustre. En parodiant une version «gastronomique» à 38 euros de son produit, elle rejoue les codes de la distinction sociale.

Derrière l’humour, l’enjeu est sérieux. Les moqueries en ligne sont perçues par une partie des amateurs de Tasty Crousty comme une forme de disqualification, non seulement esthétique, mais aussi sociale et raciale. A l’inverse, la viralité du phénomène témoigne d’une forme de légitimation alternative, portée par les logiques algorithmiques. Car Tasty Crousty n’a pas eu besoin des circuits traditionnels de consécration, guides gastronomiques en tête.

Au fond, la polémique révèle un déplacement des normes. Ce qui est jugé «bon» ou «mauvais» ne dépend plus uniquement de critères gastronomiques, mais d’enjeux sociaux et culturels. Entre distinction et appropriation, entre moquerie et revendication, Tasty Crousty agit comme un révélateur.

 Tasty Crousty : entre clash culinaire et construction identitaire – Libération

Juste une question qui me taraude... C'est quoi du poulet halal ? 

samedi 6 juin 2026

Colère..

 Aujourd'hui 6 juin on célébrait le débarquement alliés sur les plages normandes qui nous a débarrassé de la barbarie nazi. Et voilà-t-il pas que le pire secrétaire d'Etat à la Défense américain, beaucoup plus doué pour faire des enfants que pour faire la guerre vient en touriste avec toute sa smala à cette commémoration. 

Et ce triste sire se permet de faire un amalgame avec les soldats du débarquement et les migrants qui, selon lui, arrivent sur les plages. Et en plus il donne des leçons aux Européens pour, toujours selon lui, "traiter" les problèmes d'immigration. Quand on sait  comment sont traités les migrants dans son pays aux mépris des lois et embastillés dans les pires conditions sans aucun recours. Il faut rappeler au passage que l'Amérique est une terre d'immigration ; des tas de gens sont venus y chercher une nouvelle vie mais il y a aussi une partie de ces migrants qui ont été amenés là contre leur volonté... les esclaves !

Et cet incompétent notoire en matière militaire qui vient nous faire la leçon pour que nous organisions notre défense nous-même. Lisez entre les lignes "achetez du matériel US" que bien sûr que vous pourrez utiliser si nous vous en donnons l'autorisation.

L'Amérique est tombée bien bas 😡

vendredi 5 juin 2026

Le talent et la renommée conduisent ils à la megalo ?

 Le comportement du chef du prestigieux Noma dénoncé dans le « New York Times »

Des dizaines de témoignages d’anciens employés indiquent que le chef Rene Redzepi a répété un schéma de violences physiques à son personnel.

Par Maëlle Roudaut

 


THIBAULT SAVARY / AFP Rene Redzepi, chef et copropriétaire du restaurant danois de renommée mondiale Noma, photographié le 31 mai 2021 à Copenhague.

Des témoignages difficiles à lire. Dans un article publié samedi 7 mars, le New York Times met en lumière le management par la peur qui aurait régné pendant des années autour du chef danois René Redzepi. Celui-ci est mondialement connu pour avoir fondé le restaurant Noma, à Copenhague, régulièrement classé parmi les meilleures tables du monde.

Selon l’enquête du quotidien américain, plusieurs anciens membres de l’équipe décrivent un climat de travail extrêmement difficile, fait de pressions constantes, d’humiliations et régulièrement de violences physiques. Certains racontent avoir été insultés ou rabaissés devant leurs collègues. D’autres évoquent des coups de poing dans le ventre, des coups au visage ou encore des objets lancés lors de services particulièrement tendus.

Ces témoignages dressent le portrait d’une cuisine où la peur aurait longtemps été utilisée comme moteur pour atteindre l’excellence. Plusieurs employés expliquent avoir continué de travailler malgré ce climat, conscients du prestige que représentait une expérience au Noma, considéré comme l’un des restaurants les plus influents de la gastronomie contemporaine.

Ces révélations interviennent alors que le restaurant a fermé ses portes à Copenhague fin 2024, une décision qui n’est toutefois pas liée à ces accusations. Mais l’actualité du chef ravive l’intérêt de la presse américaine : un Noma éphémère doit ouvrir à Los Angeles pour une série de dîners très exclusifs à partir du 11 mars.

Le prix annoncé – environ 1 500 dollars par personne – a déjà suscité un important débat public et relancé les interrogations sur le comportement passé de René Redzepi.

« Il piquait avec une fourchette à barbecue »

Tout est parti du témoignage de Jason Ignacio White, ancien responsable du laboratoire de fermentation de Noma, publié sur Instagram début février et devenu viral. « Noma n’est pas une histoire d’innovation. C’est l’histoire d’un maniaque qui engendrait une culture de peur, d’abus et d’exploitation », écrivait-il, accusant le chef de violences répétées sur ses employés.

Son message s’accompagnait de plusieurs captures d’écran de témoignages que lui auraient transmis de nombreux anciens membres de l’équipe. « Il ne pouvait pas frapper les gens pendant le service, alors il les piquait sous la table avec une fourchette à barbecue », confie ainsi l’un d’eux dans ces messages relayés sur les réseaux sociaux.

Un chef australien qui a travaillé chez Noma en 2012 a aussi raconté au New York Times que punir tout le personnel pour l’erreur d’une seule personne était une pratique courante de René Redzepi. « Il est passé sur chacun d'entre nous et nous a donné des coups de poing dans la poitrine » en nous hurlant des insultes, a expliqué le chef, qui a demandé à rester anonyme.

René Redzepi a reconnu avoir été « un monstre »

Les anciens employés déplorent que le célèbre cuisinier continue de bénéficier de la gloire et du prestige liés à Noma malgré ces pratiques. Dans un essai publié en 2015, René Redzepi avait reconnu avoir été un « monstre » qui maltraitait et intimidait ses subordonnés. Dans une interview accordée au Times de Londres en 2022, il avait également exprimé des regrets quant à son passé, affirmant n’avoir « jamais frappé personne », mais avoir « probablement bousculé des gens ».

Enfin, ce vendredi, le chef a déclaré au New York Times : « Bien que je ne reconnaisse pas tous les détails de ces témoignages, j’y vois suffisamment de ressemblances avec mon comportement passé pour comprendre que mes actions ont nui à mes collaborateurs. À toutes celles et ceux qui ont souffert de mon leadership, de mes erreurs de jugement ou de ma colère, je présente mes plus sincères excuses et je me suis engagé à changer. »

Il a précisé avoir cessé de gérer les opérations quotidiennes du service il y a plusieurs années, avoir suivi une thérapie et avoir « trouvé de meilleures façons de gérer sa colère ».

La suite est....

https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/12/le-chef-danois-rene-redzepi-quitte-le-restaurant-noma-apres-des-accusations-de-violences-envers-ses-equipes_6670652_3210.html