jeudi 3 septembre 2026

Petite histoire

 Le port du voile revient en force et les partis s’empare du sujet pour polémiquer. 

Isabelle Saporta, journaliste, déclarait que des profs d’université lui avait rapporté que les étudiantes voilées étaient parmi les meilleures élèves. 

Cela imaginons qu’une de ces jeunes fille diplômée postule dans une grande entreprise et que le DRH lui disent qu’elle revienne le voir quand elle habillée « comme tout le monde ». 

Un cas de discrimination. La voilée insiste et porte plainte, la justice s’en mêle, les réseaux sociaux s’enflamment et….

Excède le chef d’entreprise annonce le licenciement de la moitié du personnel et la délocalisation vers un pays où on ne l’emmerdera  pas avec un bout de tissu. 

Morale de l’histoire des chômeurs en plus, des rentrées en moins pour l’état  😩

C’est de la fiction bien sûr mais pas loin de ce qui pourrait arriver si on se laisse envahir par des principes soi disant religieux qui n’ont aucun fondement sauf de créer du chaos. 🙊🙉🙈👹

La location d’amis, le business qui capitalise sur la solitude

Encore une dérive de plus... ?

Par Lorraine Redaud Journaliste à Charlie Hebdo

La solitude n'a pas d'âge. En France, selon une étude, une véritable épidémie d'isolement subi contamine depuis plusieurs années la jeunesse. Pour pallier, certains acteurs, plus ou moins scrupuleux, proposent de louer des inconnus à d'autres afin de feindre une relation amicale durant quelques heures. Si certains voient là une manière de résoudre le fléau de l'isolement en adoptant les codes de l'époque, d'autres y voient surtout une manne financière à peu de frais - si ce n'est du temps libre en moins. Deuxième épisode de notre série consacrée aux nouveaux visages de la solitude.

Le compte à rebours est lancé. Dans quatre jours, trois heures et huit minutes, le site de Jovany B. sera accessible à tous. Enfin, uniquement pour l’Île-de-France dans un premier temps, cette satanée région qui concentre toujours toutes les avant-premières. Et pourtant, avec ses douze millions et quelques d’habitants, on pourrait croire que ce n’est pas la plus en demande pour le projet de Jovany. « PayeTonPote », c’est le nom de son site. Son slogan ? « L’amitié sur mesure. La facture aussi. » Le concept est simple : si vous n’avez pas d’amis, vous n’avez qu’à en louer un. En clair, la solitude, qui pour beaucoup n’a jamais été un choix, en devient désormais un, selon prix que vous souhaitez mettre pour y remédier.

Auréolé ironiquement du « Prix de la startup la plus dystopique de 2026 », le site de Jovany n’a néanmoins rien d’une blague. « Le concept peut faire sourire ou sembler capitaliste. Je ne sais même pas si cela va donner quelque chose, mais il est tout à fait sérieux », confirme-t-il à Charlie. Difficile de ne pas en douter à première vue : le site est émaillé de boutades comme la section « À propos » où l’on y lit que PayeTonPote est « la première plateforme qui monétise officiellement l’amitié. Parce que les vrais amis ? Ça n’existe plus depuis 2010. » Cette idée, farfelue au premier abord, Jovany la mûrit depuis quelques années après avoir visionné un documentaire sur le Japon. Là-bas, le pays subit le phénomène, désormais bien documenté, des « hikikomoris » soit ces adolescents et jeunes adultes qui vivent dans leur chambre, totalement coupés du monde, n’en sortant que pour aller aux toilettes. Majoritairement des garçons, les hikikomoris étaient 230 000 en 2010. En 2024, ils étaient 1 400 000.

Preuve, s’il en fallait une, que l’épidémie de solitude est aussi mondiale qu’exponentielle, les concepts de location d’amis ont désormais fleuri partout sur la planète. Au Japon d’abord donc, mais aussi en Inde, aux États-Unis et désormais en France. Au Danemark, comme d’habitude dans les pays nordiques où l’on fait mieux que tout le monde, on y trouve, depuis les années 2000, des « bibliothèques humaines ». Pas de marchandisation de l’amitié chez les Vikings : dans ces bibliothèques, comprenez des bancs publics, un « lecteur » peut, durant une trentaine de minutes, échanger avec un inconnu. Un projet deux en un qui permet non seulement d’échanger et briser les barrières de la différence mais aussi de lutter contre l’isolement. Bref, c’est mignon, c’est gratuit, c’est nordique, bravo, super. Ailleurs, où on ne s’embarrasse pas de telles niaiseries, on cherche avant tout à palper. Au Japon toujours, l’un des pionniers de la location d’ami, Shoji Miromoto, rebaptisé « Rental Person », affirmait, en 2018, se faire l’équivalent de 80 000 euros par an. Une petite fortune qu’il a bâtie en établissant différents tarifs selon la tâche demandée.

Entre business et expérimentation sociale

Retour sur PayeTonPote désormais officiellement lancé sur tout le territoire, après ses débuts en grande couronne, depuis le 22 août dernier. Il compte déjà plus de 200 personnes à louer et de personnes prêtes à les payer pour de la compagnie. « Il y a un grand nombre de visites sur le site et au moins 2 inscriptions par jour » explique à Charlie, un peu mitigé, Jovany qui s’attendait à rencontrer plus de succès à la vue des chiffres de la solitude dans l’Hexagone. Selon une étude de l’Institut français d’opinion publique (Ifop) publiée en janvier 2024, 62 % des jeunes de 18-24 ans confessent en effet se sentir régulièrement seuls. Alors, pour ceux qui souhaitent capitaliser sur l’un des fléaux de notre siècle, comprenez les vendeurs de leur précieux temps, il s’agit avant tout de faire bonne impression avec leur profil. Le but : faire sortir leurs cartes bleues aux jeunes isolés – et tant pis si la solitude de beaucoup d’entre eux s’explique en partie par une grande précarité. Chacun son problème donc, certains donnent tout dès leur pseudo pour appâter le chaland : dans le « catalogue d’amis » du site de Jovany, on peut ainsi passer du temps avec « AmiSansJugement », « Superpote », « AmiSincère », « Lepoteducoin », « Refairelemonde »…

Sachons dissuader les vieux de se soigner ! Une place dans un cercueil est déjà plus alléchant. Par Felix.

D’autres préfèrent, eux, s’en donner à coeur joie dans leur description, soit un court texte censé les présenter. Ou plutôt de véritables slogans de publicités là pour faire oublier que leur compagnie insincère est tarifée pour un montant variant de 15 à 20 euros de l’heure. « Si tu cherches une compagnie agréable et authentique, je serais ravie de faire connaissance ! » ; « L’ami idéal pour ceux qui aiment les potes un peu trop passionnés par des sujets bizarres. » ; « Amie super sympa et toujours partante !! »… Partante pour quoi ? Libre à chacun de mettre les activités qui lui plaisent le plus, et pour lequel il se fera payer, rappelons-le encore une fois : café, bar, théâtre, cinéma, musées, cuisine, couture…

Une capitalisation de l’économie de la solitude que Jovany, pas cynique pour un sou, assume totalement, lui qui voit son site comme un incubateur de relations amicales. « On vit à l’ère de l’hyperconnexion numérique où les gens ont 1 000 « amis » virtuels mais personne avec qui boire un café le samedi soir. Mon concept est là pour contrer ça. Certains testeront une heure et trouveront ça bizarre, d’autres y trouveront une oreille attentive ou un partenaire pour une partie de jeux vidéo en ligne, et d’autres encore noueront de vrais liens durables par la suite. C’est autant une expérimentation sociale qu’un service concret. » Aidé d’un avocat pour construire son site, le créateur de PayeTonPote a également élaboré un dispositif de sécurité pour éviter les mauvaises rencontres. Les femmes ont ainsi la possibilité de ne réserver et de n’être réservé que par des femmes et ceux qui osent franchir le pas en payant un inconnu disposent d’un bouton SOS disponible sur le site et l’application qui les géolocalisent en cas de danger. Peu de risques de ce côté-là, après tout, après une heure de tabassage en règle, le loué retiendra certainement ses coups : il ne sera plus payé.

vendredi 28 août 2026

Management la clé du succès

Le texte qui suit est de Yvan Zizic (68) - Ancien élèves de l'Ecole d'Hôtellerie & de Tourisme, devenu par la suite Top Manager de grandes entreprise qui transpose son expérience au niveau de la gestion de l'Etat Français. (En bas de page un lien vers l'article paru dans notre blog pour la sortie de son livre ainsi que le lien du site les managers lucides)

 LES MANAGERS LUCIDES - NOTE DE RÉFLEXION

FRANCE : COMMENT UNE GRANDE NATION PEUT-ELLE SI MAL SE MANAGER ?

Le problème français n’est pas le manque d’intelligence, mais l’incapacité croissante à transformer l’intelligence en résultats.

La France sait parler. Elle produit des discours brillants, des rapports savants, des lois, des commissions et des plans historiques. Mais elle confond trop souvent l’éloquence avec la compétence, le diplôme avec l’expérience et la communication avec l’action.

Une élite trop éloignée du réel. Issue des mêmes grandes écoles, passée par les mêmes cabinets et concentrée à Paris, elle finit par observer le pays à travers des chiffres et des procédures. Elle connaît parfaitement l’État, beaucoup moins l’atelier, l’école, l’hôpital, l’entreprise et la vie quotidienne.

L’administration a remplacé le management. Administrer, c’est appliquer les règles. Gérer, c’est optimiser les moyens. Manager, c’est donner une direction, décider, responsabiliser et contrôler les résultats. Or la France ajoute volontiers une norme ou une structure là où il faudrait un responsable clairement identifié.

Les conséquences sont visibles. Désindustrialisation, services publics fragilisés, dette considérable, influence reculant en Afrique, méfiance des citoyens et affaires politiques répétées : les échecs s’accumulent, mais les responsables circulent, expliquent et reviennent.

Le déni protège le système. Reconnaître la crise obligerait les élites à reconnaître leur part de responsabilité. Il est plus confortable d’accuser la mondialisation, l’Europe, les crises ou les citoyens que d’évaluer honnêtement les décisions prises et les résultats obtenus.

Le diagnostic est sévère mais simple : beaucoup de dirigeants ne savent pas manager — et, plus grave encore, ils ne savent pas qu’ils ne savent pas. Quand tout le monde conseille, communique et participe, plus personne ne décide vraiment.

La France n’a pas besoin d’un discours supplémentaire. Elle doit observer le réel, décider, agir et vérifier.

Yvan Zizic  |  Auteur de Le Grand Abandon

les-managers-lucides.com •  Voir clair. Décider juste. Agir dans le réel.

les-managers-lucides.com

Managers | TRADITION la revue des ANCIENS de EHT Liège


samedi 15 août 2026

La Corée du Nord est sans doute un des pires régimes de la planète ; dirigée par un dictateur fou, vénéré par un peuple de zombies...

Face aux chaleurs records, la Corée du Nord conseille de manger de la viande de chien

Alors que la péninsule coréenne suffoque sous une canicule sans précédent, le régime nord-coréen a émis différents conseils pour sa population. Parmi eux, la consommation de viande de chien, censée apporter l’énergie nécessaire pour faire face à la chaleur.

Source :Courrier international Publié le 8 août 2026 à 16h22

 

La Corée du Nord et la Corée du Sud font face à une vague de chaleur sans précédent.

36,7 degrés Celsius à Pyongyang : c’est la température record rapportée, jeudi 7 août, par la télévision d’État nord-coréenne. Dans d’autres régions, le mercure a avoisiné les 40 °C, indique le Korea Times, en disant citer des relevés publiés par l’agence de presse nord-coréenne KCNA.

Face à cette vague de chaleur exceptionnelle, les autorités sanitaires ont émis différents conseils auprès de la population, repris par le Rodong Sinmun, le journal du parti au pouvoir. Le South China Morning Post, qui a pu les consulter, indique que sont recommandés “des aliments rafraîchissants tels que la pastèque, les haricots mungo et les concombres, ainsi que des ‘aliments hautement nutritifs’, notamment la soupe avec de la viande de chien, les porridges de poisson et aux haricots rouges”.

“Un moyen patriotique de supporter la chaleur estivale”

Bien que chère, la soupe à base de viande de chien, connue sous le nom de dangogi guk, est prônée de longue date par le régime nord-coréen comme très bénéfique pour la santé et, plus particulièrement, comme aidant à supporter les grosses chaleurs, explique le correspondant du journal de Hong Kong à Séoul. “Le dangogi est très apprécié au Nord, mais c’est un plat coûteux”, confirme Ri Chol, un ancien diplomate nord-coréen, interrogé par ce journaliste.

“On le consomme surtout lors des chaudes journées d’été pour éviter les coups de chaleur.”

D’ailleurs, chaque année à cette période, des concours de la meilleure dangogi guk sont organisés à Pyongyang. L’un d’eux l’a été fin juillet dans un des restaurants au bord du fleuve Taedong qui proposent cette spécialité, rapportait alors l’agence de presse japonaise Kyodo.

Cette volonté du régime de Kim Jong-un, “pour qui la consommation de viande de chien est un moyen patriotique de supporter la chaleur estivale”, contraste avec la tendance en cours chez son voisin du Sud, constate le South China Morning Post. De fait, la Corée du Sud a adopté en 2024 une loi interdisant l’élevage, l’abattage et la commercialisation de chiens destinés à la consommation humaine. Le texte prévoit une dérogation de trois ans qui prendra fin en février 2027. À partir de cette date, les contrevenants encourront jusqu’à trois ans de prison et seront passibles d’une amende de 30 millions de wons (18 000 euros).

Face aux chaleurs records, la Corée du Nord conseille de manger de la viande de chien

 


mercredi 15 juillet 2026

La vie en Ukraine sous les bombes

 

Quand je vois des politicards de m... qui nous disent que nous n'avons rien à faire avec l'Ukraine, ça me donne envie de vomir...

Que faire pour couvrir les attaques russes à Kyiv

Elsa

Responsable du développement d'audience

Cour Elsa

Chers lecteurs de Kyiv Independent,

C'est Elsa ici, responsable du développement de l'audience au Kyiv Independent. La semaine dernière, je vous ai envoyé un e-mail pour vous parler de la façon dont nous couvrons les attaques russes sur le moment. Je l'envoie à nouveau au cas où tu l'aurais manqué la semaine dernière.

Veuillez le lire. Les attaques russes deviennent de plus en plus fréquentes, et pourtant nos journalistes continuent de vous apporter les informations directement depuis Kyiv, qui viennent travailler après une nuit difficile d'explosions et très peu de sommeil. C'est grâce à leur travail que le monde reste informé de ce qui se passe ici en Ukraine.

Screenshots from the Kyiv Independent team chat on Slack

Captures d'écran de notre chat d'équipe sur Slack en juillet 2026.

Derrière chaque titre sur les attaques massives de la Russie contre Kyiv se cache une série de messages comme celui-ci sur Slack, l'application de messagerie de notre équipe. À une extrémité, nos journalistes à Kyiv, éveillés au milieu de la nuit chez eux ou dans un refuge. De l'autre, un membre de notre équipe Amérique du Nord, comme Abbey Fenbert, rédige la couverture de l'attaque et met à jour continuellement l'article sur notre site web.

Ces nuits sont devenues plus fréquentes. Mais derrière chaque article d'attaque se cache une équipe de journalistes, vidéastes et monteurs qui travaillent à mettre en lumière ces histoires avec très peu de sommeil.

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Je ne vais pas l'adoucir. Les attaques de missiles russes font peur. Je décrirais les explosions comme si quelqu'un claquait une porte métallique très lourde juste au-dessus de ta tête. À chaque missile, vous sentez vos murs, fenêtres, meubles, sol — ce que vous qualifieriez habituellement de solide — trembler et trembler.

L'abri le plus proche est un parking souterrain, plutôt qu'une station de métro profonde, donc je peux même sentir les vibrations dans les fondations en béton. Dans ce type d'abris, on entend les alarmes de voiture se déclencher dehors, les chiens qui aboient et les bébés qui pleurent. Parfois, il y a un moment de calme de quelques minutes ou une heure, puis les grondements tonitruants recommencent. Elles s'arrêtent généralement vers l'aube, quand on sort au son des oiseaux, à la douce lumière du matin et à la fumée qui s'élève des bâtiments en flammes.

Pour nous, au Kyiv Independent, ces attaques signifient que nous avons une journée de travail difficile à accomplir. C'est à nous de faire en sorte que notre public sache ce qui se passe à Kyiv dès le début d'une attaque. À la lumière du matin, nous avons trouvé l'emplacement des sites d'impact et nos journalistes — qui ne dorment presque pas — se dirigent vers la zone dès que le signal sonore est clair.

Certains membres de l'équipe à Kyiv travaillent déjà pendant que l'attaque se poursuit. « Nous faisons généralement un post sur les réseaux sociaux lorsque l'attaque commence », explique Liza Nechyporuk, responsable des réseaux sociaux.

« Ensuite, on commence à trier les photos et vidéos partagées en ligne, dont certaines de nos collègues, pour pouvoir faire un autre post d'ici la fin de l'attaque. Je fais défiler les réseaux sociaux de toute façon pendant une attaque, puisqu'il n'y a pas grand-chose d'autre à faire. »

Qu'est-ce que ça fait de regarder des images de sa propre ville attaquée pendant que vous travaillez ? « Je sais juste que ça doit être fait », soupire Liza. « Une fois que nous avons des images d'un de nos journalistes sur le site d'une attaque, nous les montons et les partageons aussi. J'essaie de dormir quelques heures entre les deux. »

En général, un journaliste et un vidéaste choisissent un site d'attaque à signaler, après avoir réduit la liste parfois déprimante.

En général, cela signifie se rendre à l'endroit le plus touché, explique la journaliste Tania Myronyshena . « À notre arrivée, nous regardons d'abord ce qui s'est passé, puis trouvons des personnes prêtes à partager leur expérience. »

« Je n'approche pas les personnes en grande détresse », explique Tania. « Je commence généralement par demander s'ils habitaient dans l'immeuble. D'après leur réponse et leur façon de parler, j'essaie de comprendre s'ils sont prêts à parler. »

« Parfois, les gens veulent vraiment raconter au monde ce qui leur est arrivé, ça les aide à libérer ce qu'ils ont en eux, ils veulent que le monde les entende. Si quelqu'un est clairement sous le choc, je lui exprime simplement ma sympathie et je pars. Je ne pousse jamais. »

Tania affirme que son objectif n'est pas d'obtenir une exclusivité, mais « de documenter les crimes de la Russie sans causer plus de tort à des personnes déjà souffrantes. »

C'est un travail épuisant — tant physiquement que mentalement. « Je plains tellement ces gens, lorsque j'interroge des personnes blessées ou dont la famille a été tuée », déclare la journaliste Yuliia Taradiuk, qui a visité 10 sites d'attaque au cours de l'année écoulée. « C'est difficile de dresser une barrière quand on parle à des gens qui ont tout perdu. »

Un autre journaliste, Jimmy Rushton, dit qu'il essaie de compartimenter. « Sinon, je n'aurais pas pu le faire. Mais ce n'est pas pareil quand votre propre quartier est touché », dit-il, en faisant référence à la frappe de mai sur le quartier historique de Podil. « C'est complètement différent quand c'est une rue que tu parcours tous les jours, les commerces où tu vas, et tes amis qui ont été blessés ou ont perdu leur maison. »

Pendant ce temps, d'autres journalistes sont de retour au bureau, scrutant les chaînes officielles à la recherche de nouvelles sur le bilan des morts, les dégâts aux entreprises et aux infrastructures, ainsi que des chiffres comme le taux d'interception de la défense aérienne en Ukraine. Lors de l'attaque de dimanche dernier, aucun missile balistique russe n'a été abattu en raison d'une pénurie d'intercepteurs.

Je suis toujours frappé par le fait que des gens arrivent à venir travailler après l'une de ces nuits. Mais d'un autre côté, c'est justement pour cela que nous sommes ici.

Notre couverture des attaques est souvent parmi les plus citées par les médias hors d'Ukraine. Alors que les grands médias internationaux réduisent leur couverture de l'Ukraine, ce sont nos reportages qu'ils consultent pour obtenir les dernières nouvelles sur la guerre. Savoir cela ne fait qu'approfondir notre responsabilité de faire des rapports depuis le terrain.

Nous travaillons dur pour que ces attaques contre Kyiv ne soient pas négligées. Nous pouvons continuer à travailler dans ces conditions grâce aux 34 000 membres venus du monde entier qui nous soutiennent. C'est grâce à eux que nous pouvons continuer.

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Elsa

Avec amour de Kyiv, et en espérant une nuit tranquille,

Elsa

The Kyiv Independent

jeudi 9 juillet 2026

Comment rendre la terre inhospitalière en peu de temps grâce à Marine

 

L’écologie selon Marine Le Pen ? Tout pour les fossiles et l’agriculture productiviste


Elle veut climatiser le pays et démonter les éoliennes, soutient les énergies fossiles, est muette sur les ravages de l’agriculture productiviste... Anti écologiste, Marine Le Pen défend la fuite en avant vers un monde inhabitable.

Jugée coupable, elle reste malgré tout présidentiable. Finalement, Marine Le Pen sera bien la candidate du Rassemblement national à l’élection présidentielle de 2027, et ce pour la quatrième fois d’affilée.

Malgré sa condamnation en appel, mardi 7 juillet, pour  « détournement et complicité de détournement de fonds publics » à hauteur de 2,8 millions d’euros dans l’affaire des assistants parlementaires européens, la cheffe du parti d’extrême droite a annoncé sa candidature quelques heures après sur le plateau de TF1.

Condamnée à trois ans de prison dont un an ferme aménageable sous bracelet électronique, une amende de 100 000 euros et quinze mois d’inéligibilité effective — une peine qu’elle a déjà effectuée — la députée du Pas-de-Calais peut donc se présenter en 2027. Exit l’option Jordan Bardella, qui en cas de victoire, serait nommé Premier ministre. On ignore toutefois quelle forme prendra la campagne et si la candidate portera bien un bracelet électronique. C’est pour tenter d’y échapper qu’elle s’est pourvue en cassation.

Une chose, en revanche, est certaine : l’écologie ne sera pas au cœur de sa campagne. Si ses propos sur le sujet ont un peu évolué depuis sa prise du parti en 2011, c’est seulement pour gagner en crédibilité et parfaire son image. Bien qu’elle ne remette plus explicitement en cause le consensus scientifique sur l’origine humaine du changement climatique comme elle le faisait encore en 2012 dans Terra Eco, sa vision de l’écologie reste inchangée.

Une « écologie nationale » fondée sur le localisme — qu’elle présente comme un moyen de relocaliser la production, de consommer local et de protéger les frontières — qui sert uniquement à promouvoir un projet nationaliste. Vide de véritable contenu, cette vision n’est jamais accompagnée de propositions précises, chiffrées ni structurantes. Un seul mot d’ordre : s’opposer à « l’écologie punitive »« Son objectif est la défense de l’identité nationale. Elle développe une manière de percevoir la question environnementale à travers ce schéma logique », observait Bruno Villalba, auteur de L’écologie politique en France (éd. La Découverte), en 2022.

Tout pour la clim

Dernier exemple en date avec le fameux « plan clim », la solution magique de Marine Le Pen pour supporter les fortes chaleurs. Évoqué pour la première fois en juin 2025 sur X, il a été remis en avant au moment de la canicule historique du mois de juin.

Sauf que ce « grand plan d’équipement pour la climatisation », censé aider écoles, Ehpad et hôpitaux à faire face aux températures caniculaires, est très flou, jamais détaillé ni chiffré. Aucun député RN interrogé sur le sujet n’a été capable de donner plus de précisions. L’objectif était simplement de dénoncer l’impréparation du gouvernement face aux canicules.

La position peut surprendre alors qu’en 2022 lors du débat du second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen déclarait vouloir ralentir la transition écologique : « Il faut qu’elle soit dans le temps, beaucoup moins rapide que ce que l’on impose aux Français. »

Rebelote il y a seulement trois ans, quand elle estimait dans Le Journal du dimanche que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) avait « toujours été très alarmiste ». En 2012, elle qualifiait même ses membres « de prêtres et d’évêques du changement climatique ».

La climatisation est donc la seule proposition du Rassemblement national en matière d’adaptation des bâtiments au chaos climatique. Marine Le Pen est ainsi opposée au Fonds vert, l’un des principaux dispositifs destinés à adapter le pays avec par exemple la rénovation énergétique des écoles. « Le Fonds vert exclut expressément la climatisation, donc ça me pose un problème. Je pense qu’il y a des structures plus efficaces et plus pertinentes à mettre en œuvre », disait-elle sur France Culture, mercredi 24 juin.

« Démonter les éoliennes »

Et du côté de la baisse des émissions de gaz à effet de serre, la seule solution pour Marine Le Pen, c’est toujours plus de nucléaire. Lors de la campagne présidentielle de 2022, la candidate avait promis une vingtaine de nouveaux réacteurs nucléaires, dont dix dès 2031. Un scénario jugé irréaliste même par les plus ardents défenseurs de l’atome.

Sur les énergies renouvelables, toujours en 2022, elle assurait vouloir la suspension de la construction d’éoliennes et le lancement « d’un grand chantier pour les démonter » — elle estime qu’elles défigurent les paysages français. Tous les experts, notamment le Réseau de transport d’électricité (RTE), s’accordent pourtant à dire que le pays ne pourra pas atteindre la neutralité carbone sans les énergies renouvelables. Elle soutient également un moratoire sur le solaire.

Marine Le Pen et ses troupes entendent surtout maintenir notre addiction aux énergies fossiles. En 2022, elle proposait déjà de revenir sur l’interdiction de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures en mer. Depuis de nombreuses années, elle promet aussi d’abaisser la TVA sur le gaz, le fioul et le carburant afin de protéger le pouvoir d’achat des Français. « Cette énergie, c’est un bien de première nécessité, donc l’État doit faire un effort pour ne pas la taxer », répétait-elle sur France Culture fin juin.

« Nous refusons la propagande des gauches »

Pour ce qui concerne le soutien à l’agriculture intensive dopée aux pesticides, Marine Le Pen n’est pas en reste. La loi Duplomb, qui prévoit notamment la réintroduction d’un pesticide interdit de la famille des néonicotinoïdes, a été adoptée par le Parlement le 8 juillet grâce à son vote et ceux de ses députés.

Elle a tout de même fini par soutenir la pétition historique (deux millions de signatures) qui visait à exiger un débat au Parlement... car elle refusait que la propagande des gauches puisse laisser imaginer à nos compatriotes que cette loi menace leur santé et notre environnement », comme elle l’écrivait sur X deux semaines plus tard.

Ces derniers mois, Marine Le Pen a loupé toutes les occasions de protéger la santé et l’environnement des Français. À l’Assemblée nationale, elle a récemment voté pour la loi d’urgence agricole, vivement critiquée pour ses effets dévastateurs sur la biodiversité.

Elle aime les animaux mais est muette sur l’élevage industriel

En revanche, la cheffe de parti était absente lors des votes sur la loi interdisant les PFAS (des polluants éternels dangereux pour la santé), celle visant à réduire progressivement la teneur en cadmium dans les aliments, ou encore celle destinée à financer la recherche sur les cancers pédiatriques. Et à chaque fois, les députés de son parti ont voté contre.

Même logique concernant les animaux. Celle qui ne cache pas son affection pour les chats se dit très sensible à la cause animale. Si elle souhaite accorder une « reconnaissance constitutionnelle au statut juridique des animaux » et renforcer les peines liées aux infractions commises contre ces derniers, elle reste muette sur la régulation de la chasse, l’élevage industriel et la pêche intensive.

En revanche, la députée fait de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement (pratique rituelle liée aux cultes musulmans et juifs) l’une de ses priorités. La preuve encore que chez Marine Le Pen, l’écologie ne vise pas à protéger le vivant, mais sert avant tout à défendre un projet nationaliste et identitaire.

On ne va pas vous le cacher : à Reporterre, on est inquiets.
Entre la présence d’un climatodénialiste à la tête de la première puissance mondiale, un gouvernement français qui flirte avec l’extrême droite, des canicules qui s’enchainent dès le mois de mai… Faire vivre l’écologie dans le débat public est un enjeu crucial.

Mais au milieu de la tempête, Reporterre garde le cap.
Nous refusons de céder au sensationnalisme, à la panique et aux raccourcis.
Chaque jour, nous enquêtons, nous expliquons, nous documentons avec une ligne claire : informer plutôt qu’enflammer les esprits.

Chez Reporterre, il n’y a ni actionnaire, ni propriétaire, ni milliardaire : le média est à but non lucratif. Nous sommes financés à 95% par 1,6% de nos lectrices et lecteurs.

Concrètement, ça veut dire que :

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L’écologie selon Marine Le Pen ? Tout pour les fossiles et l’agriculture productiviste